Julie 3 - Julie et la danse diabolique

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De la même auteureq chez Québec Amérique
Un lourd silence, coll. Titan, 201d0.
À fleur de peau, coll. Titan, noudvelle édition, 2010d.
Les Secrets du manotir, coll. Titan, 2007.d
Le Grand Vertige, coll. Titan, 2004d.
série julie Julie et la messe dtu revenant, coll. Bilbo, 2009.d
Julie et le feu foltlet, coll. Bilbo, 2008d.
Julie et la Dame bltanche, coll. Bilbo, 2006d.
Julie et le Bonhommet Sept Heures, coll. Bilbo, 2005d.
Julie et le serment tde la Corriveau, coll. Bilbo, 2003.d
Julie et le visiteutr de minuit, coll. Bilbo, 2002d.

Julie et la danse
diabolique

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales
du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Latulippe, Martineq
Julie et la danse qdiabolique
(Bilbo
; 132)
ISBN 978-2-7644-0363q-1 (Version impriméqe)
ISBN 978-2-7644-1543q-6 (PDF)
ISBN 978-2-7644-1914q-4 (EPUB)
I. Rousseau, May q II. Titre. III.q Collection


: Latulippe, Martiqne. Julie.
IV. Collection


: Bilbo jeunesse

; 132.
PS8573.A781J842 2004 q jC843’.54 C2004-9q41207-8
PS9573.A781J842 2004

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3
e trimestre 2004
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Bibliothèque nationqale du Canada
Révision linguistiqque

: Diane Martin
Mise en pages


:
Andréa Joseph [PaqgeXpress]
Conception graphique

:
Karine Raymond
Réimpression

: juin 2010
Tous droits de traqduction, de reprodquction et d’adaptaqtion réservés
© 2004 Éditions Quéèbec Amérique inc.
www.quebec-amerique.cèom
Imprimé au Canada

martine latulippe
ILLUSTRATIONS   :   mAy ROUSSeAU
Julie et la danse
diabolique
Q U É B E C A M É R I Q U E Jeunesse

À Isabelle et Rica
rdo

Le diable
et les coquettes
-1-

D
’habitude, moi, Julie, je ne
suis pas du genre à passer
des heures devant le miroir
pour me faire belle. Une Julie
au naturel ! Sauf que… hum
hum… depuis quelques mois il
y a un nouveau à l’école. Il
e s t … c o m m e n t d i r e … j o l i ?
Non, bien plus que ça. Beau ?
O n s e r a p p r o c h e … G é n i a l ?
Voilà ! Il est génial. Un garçon
gen til comme tout, beau comme
tout, intel
ligent comme tout.
C’est bien connu, je suis un
v é r i
t a b l e m o u
l i n à p a r o l e s .
Pour
tant, quand le nouveau est
là, je perds tous mes moyens.

Je deviens si ner
veuse que j’ai
du mal à par
ler. Le nouveau
s’ap
pelle Dominic. Dominic,
c’est le plus beau pré
nom du
monde entier. Justement, ce soir, Dominic
joue au soccer sur un terrain
situé à quelques rues d’ici. Il
m’a même invitée à aller le voir.
Bon, pour être honnête, nous
étions environ douze autour de
lui quand il a dit : « J’ai un match
ven dredi soir et un autre samedi
après-midi, si ça vous tente de
venir m’en cou
rager. » Mais j’ai
bien senti qu’il s’adres
sait parti-
cu lière ment à moi. Alors je me
pré
pare à y aller et je suis déci -
dée à l’éblouir. Rien de moins !
Nor
ma
lement, je ne me coiffe
pas. Cette fois, j’ai pris le temps
de me faire deux tresses. Je me
maquille très rare ment. Aujour-
d’hui, j’ai mis du brillant à lèvres

et du fard à pau
pières. Du bril-
lant à lèvres trans
parent et du
fard à pau
pières couleur peau,
mais quand même. D’ha
bi
tude,
j’ima
gine des tonnes d’his
toires
de loups-garous, de sor
cières,
de toutes sortes de créatures
bizarres. Cette fois, je rêve plu -
tôt… au prince charmant !
Catastrophe ! J’ai tellement
traîné devant le miroir pour me
préparer qu’il me reste cinq
minutes seulement pour me
rendre au terrain. Je ne pourrai
pas parler au prince charm…
euh… à Dominic avant le match
– c’est peut-être aussi bien : il
m’in timide tellement que je ne
sais jamais quoi lui dire… Je
s o r s d e m a c h a m b r e e t m e
dirige à toute vitesse vers la cui -
sine. Exactement huit secondes
et trois quarts plus tard, j’ai la
main sur la poignée de porte,

prête à sortir. Une Julie coup de
vent ! Mais c’est sans compter ma
mère, qui crie du salon :
— Julie, viens ici !
— Pas le temps, maman ! Je
suis pressée. — J’ai une surprise pousr toi.
Je pousse un soupir énorme
pour bien lui montrer qu’elle
me dérange, mais je vais tout de
même la rejoindre asu salon. — STÉPHANE !!!
Mon oncle est assis à côté de
ma mère. Je ne savais même pas
qu’il était revenu ! Stéphane est
toujours en train de voya ger à
c a u s e d e s o n m é t i e r . I l e s t
ethnologue ; il recueille plein de
versions des légendes et des
contes qué bé
cois et il en fait des
livres. D’habitude, je peux pas-
ser des heures en sa compa gnie.
S t é p h a n e , c ’ e s t m o n i d o l e ,
mon adulte préféré, mon oncle

adoré. Mes parents courent sans
arrêt, semblent toujours essouf-
flés ; lui prend toujours le temps
de me parler et de m’écou ter. Il
ne rit jamais de mes peurs et
croit à toutes mes histoires. Je suis déchirée : j’aurais bien
envie de m’asseoir et de parler
avec mon oncle, mais je ne peux
p a s m a n q u e r l e m a t c h … e t
s u r t o u t l ’ o c c a s i o n d e v o i r
Dominic. Je me penche pour
e m b r a s s e r S t é p h a n e q u a n d ,
soudain, ma mère s’écrie :
— Julie, viens donc ici un
peu ! Mais… tu es maquisllée !
— Je… non… oui… bof…
peut-être… un peu… tsu crois ?
Stéphane sourit.
— Oh ! oh ! Tu vieillis, ma
Julie. Tu deviens coquette. Fais
attention à ne pas trop l’être. Tu
sais ce qui arrive aux jeunes
filles trop coquettess…

Non. Je ne le sais pas. Hon
nê -
tement, je meurs d’envie de le
s a v o i r , c a r l e s h i s t o i r e s d e
Stéphane sont toujours pas sion -
nantes. Mais si je com
mence à
en écouter une, j’ar
ri
verai en
retard à la partie de soccer. Res -
ter ? Partir ? Tant pis : ma curio -
sité est plus forte que tout. — Qu’est-ce qui leur arrive,
Stéphane ?
— Le meilleur exemple est
celui de Rose Latulipe. Rose
était une jeune fille très jolie,
une brunette qui faisait battre
bien des cœurs autour d’elle.
Elle avait un fiancé, Gabriel,
mais elle était coquette et aimait
plaire à d’autres gar çons. Et ce
qu’elle adorait par-dessus tout,
c’était la danse. Ça y est, je sens que je ne
pourrai pas m’en aller. Je m’ins -
t a l l e c o n f o r t a b l e m e n t s u r l e

tapis, devant mon oncle qui
continue :
— On est au dix-huitième
siècle : c’est interdit de danser
pen dant le carême, puisque c’est
une période de pénitence. Cette
année-là, Rose veut orga ni
ser
une soirée pour le Mardi gras, la
veille du début du carême. Elle
insiste tant que son père finit par
a c c e p t e r . « M a i s t u d o i s
absolument arrê ter de dan
ser
avant minuit ! » précise-t-il.
Je demande à Stéphasne :
— Pourquoi ? Il y avait des
loups-garous dans la sfamille ?
Mon oncle éclate dse rire.
— Pas du tout. C’est simple -
ment qu’à partir de minuit, c’est
le mercredi des Cendres. Le
d é b u t d u c a r ê m e . À c e t t e
époque, c’est un grand péché
de danser après minuit. Rose
accepte la condition de son

père, bien entendu. La soirée a
lieu. La fête bat son plein, tout
le monde s’amuse, on danse à
en avoir les pieds engourdis.
Rose est plus belle que jamais.
Dehors, il fait tempête. Tout à
coup…Stéphane baisse la voix et se
penche vers moi. — Tout à coup, à onze heures
du soir, on frappe à la porte. Un
bel étranger entre. Il est très
élégant, tout habillé de noir. Le
père Latulipe l’invite à se joindre
à e u x e n a t t e n d a n t q u e l a
tempête se calme. L’étran ger
d e m a n d e l a p e r
m i s
s i o n d e
garder ses gants et son chapeau,
disant que, de toute façon, il ne
restera pas long temps, il est
pressé. Une sonnerie stridente me
f a i t b r u t a l e m e n t r e v e n i r s u r
t e r r e . L e t é l é p h o n e ! J ’ é t a i s

c o m p l è
t e m e n t a b s o r b é e p a r
l’his
toire de Rose Latulipe. Ma
mère répond et tend le com biné
à Stéphane. — P o u r t o i , S t e p h . C ’ e s t
Rosie. Affolée, je regarde l’heure :
j’ai déjà manqué les dix pre -
mières minutes du match ! Heu -
reusement que l’amou
reuse de
mon oncle a télé
phoné. Je dois
y aller. Je veux savoir ce qui
arrive à Rose Latulipe, bien sûr,
mais je veux aussi voir Domi -
nic ! Je murmure à Stéphsane :
— On continue l’histoire à
mon retour, OK ?
Et je m’éclipse.

Le diable et… Julie !
-2-

J
’arrive au terrain de soccer
t o u t e s s o u f f l é e , l e s j o u e s
rouges, les mains moites. La
par tie est déjà en cours, évi
dem -
ment. Je repère vite le prince
charm… euh… Dominic sur le
terrain. Je m’assois dans les
g r a d i n s , e n e s s a y a n t d e m e
c a l mer et de reprendre mon
souffle. Il flotte une étrange
odeur dans l’air. Une odeur
insis tante, qui semble toute
proche. Je me retourne vive -
ment et me retrouve face à face
a v e c m o n s i e u r R o u l e a u , u n
homme qui s’est installé au vil -
lage il y a un peu moins d’un

an. Je l’ai vu à quelques reprises
à la bibliothèque, mais je ne lui
ai jamais parlé. Inti mi
dée de
m’être retournée aussi brus
que-
ment, je le salue. Il me jette un
long regard avant de répondre.
Je sens que je rougis à vue d’œil.
Une Julie borne-fontaine !
— Bonjour, mademoiselle,
me dit enfin l’homme d’une
voix grave en touchant le bord
de son chapeau. Drôle d’idée, de porter un
chapeau ; tout le village souffre
de la canicule depuis des jours !
Il fait si chaud que j’ai du mal
à supporter ma cami sole et ma
jupe. Pourtant, mon
sieur Rou-
leau est vêtu de la tête aux
p i e d s : c h a n d a i l à m a n c h e s
longues, pantalon noir, cha -
peau… et même des gants !
Ma gorge se serre. Un étran-
ger qui garde ses gants et son

chapeau quand il fait trente
degrés dehors, c’est un peu
louche, non ? J’aurais dû écouter
la suite de l’histoire de Sté phane
pour en apprendre plus sur
l’inconnu de la légende de Rose
Latulipe. Je tente de me concentrer sur
la partie de soccer, mais même
Dominic n’arrive pas à me faire
oublier cette ressem blance mys-
térieuse avec l’étran
ger de la
légende. Je me retourne discrè -
tement pour regarder monsieur
Rouleau, en essayant de ne pas
me faire voir. Mission impos -
sible. Dès que je tourne un peu
la tête, il me fixe droit dans les
yeux et un sourire retrousse ses
lèvres, laissant voir ses dents
blanches étincelantes. Une idée
s’impose dans mon esprit et ne
le quitte plus : depuis son arri -
vée dans mon village, je n’ai

JAMAIS vu monsieur Rouleau
sans son chapeau.Décidément, le cœur n’y est
pas. Je n’ai même plus envie de
regarder le reste de la par tie. Je
me lève et retourne chez moi
en vitesse. J’espère que Sté -
phane y est encore.
d f d
Je me précipite au salon.
Ouf ! mon oncle adoré est tou -
jours en grande discussion avec
ma mère !
— D é j à d e r e t o u r , J u l i e ?
s’étonne maman. — Oui, je… je repensais à ta
légende, Stéphane. Ma mère lève les yeux au
ciel. — J e t e l ’ a i d i t m i l l e f o i s ,
Steph : arrête avec tes histoires.
Elle est trop impressisonnable !

— Je voulais savoir pour
quoi
l’étranger avait gardé son cha -
peau et ses gants à la danse. — Ah, ça ! fait Stéphane avec
un petit sourire, tout content
que je m’intéresse à ses lé -
gendes. C’est pour ne pas être
reconnu, Julie. Mon oncle reprend son atti -
tude de conteur. Il s’assoit juste
sur le bord de son fau teuil,
pen
ché vers moi, la voix grave,
le regard perçant. — Une fois l’étranger entré
dans la maison des Latulipe, la
danse continue. Personne n’a
j a m a i s v u c e t h o m m e a u x
manières de grand seigneur.
L’étran ger invite immédiate -
ment Rose Latulipe à danser.
Tu ima
gines à quel point la
coquette est heureuse que le bel
inconnu l’ait remarquée ! Ils se
mettent à tourner, à tourner

encore. Rose ne peut plus arrê-
ter, comme si ses pieds bou -
geaient malgré elle. Elle se sent
ensor celée. Minuit sonne. Le
père Latulipe ordonne d’arrêter
la danse, mais le bel étranger
insiste : « Une dernière… Juste
u n e p e t i t e d a n s e e n c o r e … »
Rose voudrait s’immobiliser,
mais elle continue de tourner
avec l’inconnu. Soudain, une
forte odeur de soufre s’élève
dans la maison et l’étranger
éclate d’un rire diabolique. Il se
penche pour embrasser Rose
Latulipe. Du feu jaillit de ses
lèvres. L’étranger était… l’as-tu
deviné, Julie ?
Je réponds d’une petite voix
tremblante :
— Non, je ne suis pas sûre…
— C’était le diable en per -
sonne. Maman soupire.

— Je sens qu’on n’a pas fini
d’en entendre parlers… Sans m’occuper de son com-
men taire, je demande :
— L’histoire finit cosmment ?
Stéphane jette un petit regard
à ma mère avant de répondre :
— Il y a plusieurs versions,
c o m m e p o u r t o u t e l é g e n d e .
Dans certaines, Rose Latulipe
est sauvée juste à temps par le
curé et elle entre au couvent.
Parfois, le baiser du diable met
le feu à la maison des Latulipe :
elle brûle en entier et, le len de-
main matin, Rose Latulipe a
vieilli de cinquante ans d’un
coup. Selon d’autres versions,
elle devient folle, ou le sol
s’ouvre sous ses pieds et elle
tombe droit en enfer. Stéphane se tait. Ma mère
grommelle :
— Merci beaucoup, Stesph.

Mon oncle me regarde avec
attention et ajoutse :
— Mais ce n’est pas ma ver -
sion préférée, Julie. Celle que
j’aime le mieux, je ne l’ai jamais
lue dans un livre, mais plu -
sieurs personnes âgées me l’ont
racontée. Une vieille dame qui
d i s a i t s o n c h a p e l e t d a n s u n
coin de la maison des Latulipe a
r e c o n n u l e d i a b l e . E l l e l ’ a
aspergé d’eau bénite et il a dis -
paru dans un nuage de fumée.
La belle Rose Latulipe lui a
donc échappé, mais elle a tou -
jours gardé sa marque ; l’em -
preinte de la main du diable
est restée imprimée dans son
dos, comme s’il l’avait brûlée.
Et plus aucun garçon n’a voulu
de la coquette. J e f r o t t e m e s y e u x p o u r
enle ver le fard à paupières. Je
veux que Dominic me trouve

belle, c’est vrai, mais je ne veux
pas attirer l’attention du diable !
Mon oncle continues :
— Tu comprends, main te-
nant, pour le chapeau et les
gants ? Si l’étranger avait enlevé
ses gants, on aurait vu qu’il
avait des griffes au lieu d’on -
gles. S’il avait enlevé son cha -
peau, on aurait vite remar
qué
ses cornes… — M a i s q u a n d l a v i e i l l e
dame lui a jeté de l’eau bénite,
le diable est mort,s n’est-ce pas ?
— Non, Julie, le diable ne
peut pas mourir. Il est tou -
jours là.
Ma mère, le front appuyé sur
ses mains, soupire de décou -
ragement. Elle se lève et pousse
mon oncle vers la porte en
riant. Moi, je n’ai pas le cœur à
r i r e . J e p e n s e à m o n s i e u r

Rouleau, qui dégage une drôle
d’odeur, qui n’enlève jamais son
cha peau ni ses gants. Je pense
au diable, qui sent le soufre, ne
meurt jamais et qui doit bien
rôder quelque part, à la re -
cherche de coquettes. Je trans -
pire toujours à grosses gouttes,
mais ce n’est plus à cause de la
chaleur. Plutôt de la peur. Pas
le choix, Julie : tu dois mener
l’en quête et découvrir qui est
réellement ce monsieur Rou -
leau. Une Julie détective !

Invitation
à la danse
-3-

J
e ne sais pas où habite mon-
s i e u r R o u l e a u . E n f a i t , j e
ne sais à peu près rien de lui.
Comme les Latulipe qui ne con -
nais saient rien du bel étran
ger…
Ce matin, je me dis donc que la
chose la plus logique à faire est
d’aller voir le match de soc cer de
Dominic. D’abord parce que j’ai
manqué prati que
ment toute la
partie hier. Ensuite parce que
c’est une excel lente occasion de
r e v o i r m o n p r i n c e c h a r m …
euh… Dominic. Enfin parce qu’il
e s t p o s s i b l e q u e m o n s i e u r
Rouleau soit aussi au terrain de
soccer, puisqu’il y éstait hier.

Avant de quitter la maison,
toute
fois, je dois assurer ma
pro
tection : si monsieur Rouleau
était bel et bien le diable ? Et s’il
était encore assis à quelques
centimètres de moi ? Le diable
dans mon dos… Cette idée me
fait frissonner. Vite, je dois agir
avant de perdre tout mon cou -
rage. Je télé phone à mon oncle.
— S t é p h a n e , e x i s t e - t - i l u n
moyen de se protéger du diable ?
Il hésite.
— E h b i e n , l e s t r u c s r e l i -
gieux habituels : chapelets, cru ci-
fix, prières… Ah oui ! J’ai aussi
entendu dire que les demoi -
- selles qui dansaient le soir du
Mardi gras portaient une mé -
daille de saint Antoine pour se
protéger. Je le remercie et rasccroche.
Pas de risques à prendre.
Je cours voir mon père, qui

comme toujours a le nez plongé
dans un document qui semble
ter ri
blement sérieux et terri
ble-
ment ennuyeux. — Papa, as-tu une médaille
de saint Antoine ?
— De saint qui ?…
— Antoine.
— Non, Lili, je n’ai pas de
médaille de saint Antoine. Je
n’ai même jamais pensé acheter
une médaille de saint Antoine…
Peux-tu me dire ce que tu veux
faire avec ça, s’il ste plaît ?
— C’était juste pour savoir.
Comme ça… Pour voir de quoi
saint Antoine a l’asir. Mon père semble sceptique.
Il reste silencieux un moment,
puis ajoute :
— J’ai bien une médaille de
saint Joseph que mon père m’a
donnée, mais c’est stout. — Je peux te l’empruntser ?

Pour une fois, je suis con
tente
que mon père croule sous le
travail. Il regarde la pile de
documents placée devant lui,
pousse un soupir, renonce à me
poser plus de questions. Il va
chercher sa médaille dans sa
chambre, revient en me ten dant
la chaînette. Je l’enfile immé -
diatement. — Merci, papa ! À plus tard !
Je cours vers la porte avant
qu’il décide de m’interroger ou
avant que ma mère com prenne
ce qui se passe. Je retourne au terrain de soc -
cer. Aujourd’hui, j’assiste à la
partie au complet. Une quin zaine
de minutes après le début du
m a t c h , m o n c œ u r s ’ a r r ê t e :
Dominic lève la tête vers moi et
me salue. Qu’il est beau ! Qu’il
est bon ! Qu’il est… Quelques
secondes plus tard, mon cœur

s’arrête de nouveau – décidé-
ment, je n’aurais jamais cru
qu’un match de soc cer puisse
être si exaltant ! Mon
sieur Rou -
leau arrive, toujours habillé des
pieds à la tête. Il porte ses gants
et son chapeau. Il s’assoit quel -
ques rangées devant moi, me
salue d’un sou rire. Ou bien
mon
sieur Rou
leau est un vrai
amateur de soccer, ou bien… il
me suit ! J’ai le diable à mes
trousses, foi de Julie !
J’ai du mal à attendre que le
jeu se termine. J’essaie d’éla bo-
rer mon plan. Que faire ? Suivre
mon sieur Rouleau après la par-
tie ? Aller lui parler direc te ment
pour lui dire que je sais qui il
est ? La fin du match m’oblige
à arrêter mes ques tion
nements.
Je me lève, des
cends des gradins.
Dominic s’approche, tout sourire.

— Salut, Julie ! Beau match,
hein ?
— O u i , r é p o n d u n e v o i x
grave derrière moi, et elle l’a vu
en entier, cette fois. Hier, elle
est partie vite !
De nouveau, une étrange
odeur flotte dans l’air. Je me
retourne : monsieur Rouleau est
derrière moi, évidemment. Je ne
l’ai même pas entendu appro -
cher. Il me lance un sou rire
étincelant. Je ne me trom
pais
pas : il me suit, surveille mes
faits et gestes. Dominic reprend :
— Vas-tu à la fête du village
demain après-midi, Jsulie ?
N o t r e v i l l a g e c é l è b r e s o n
cent cinquantième anniver
saire.
Depuis des semaines, tout le
monde ne parle que de cette
fameuse fête et de la grande
danse qu’il y aura sur la place

l e d i m a n c h e a p r è s - m i d i . E n
temps normal, j’aurais donné
n’im porte quoi pour que Domi -
nic me demande si j’y serai –
puisque ça laisse sous-entendre
q u ’ i l a e n v i e q u e j ’ y s o i s …
J’aurais volontiers donné ma
collection de cartes de hockey.
Mes livres sur les contes et
légendes. Peut-être même mon
b â t o n d e b a s e - b a l l . M a i s j e
n ’ a r r i v e p a s à a p p r é c i e r l a
question, trop nerveuse à l’idée
que monsieur Rouleau soit au
courant du moindre de mes
déplacements. Je bredouille :
— Euh… oui… je pense…
ça doit… peut-être ?
Je tente de me ressaisir. Je
r e g a r d e m o n s i e u r R o u l e a u
droit dans les yeux et, mine de
rien, je sors ma médaille de
saint Joseph de sous ma cami -
sole. Je la tiens serrée entre

mes doigts. Le diable d’homme
est fait fort. Je pensais qu’en
voyant ma médaille religieuse
il s’enfuirait en courant, mais
non ! Il fait plutôt une révé rence
moqueuse et me dit d’une voix
mielleuse :
— J e r é s e r v e l a p r e m i è r e
danse, alors, mademosiselle. Ça y est. Le diable m’a choi-
sie. Je suis punie pour avoir été
trop coquette. — Je ne danse pas très bien,
monsieur Rouleau… — Moi non plus. Nous for -
merons un couple parfsait. Sans me laisser le temps de
réagir, il éclate d’un rire dia -
bolique. Puis, il se tourne vers
Domi nic et tous deux se met -
tent à analyser dans ses moin -
dres détails le match qui vient
de se terminer, à com men
ter

chaque but, à parler de passes
et de bottés.Je n’ai plus rien à faire ici.
Inu tile de suivre monsieur Rou -
leau. Son invitation est on ne
peut plus claire. Une Julie con -
dam née ! Il ne me reste qu’à
rentrer chez moi afin de profi
ter
pour quelques heures encore de
l a p r é s e n c e d e c e u x q u e
j’aime…

Le diable
à la danse
-4-

J
e n’ai pas dormi de la nuit.
C e m a t i n , a u d é j e u n e r , j e
regarde mes parents comme
si je ne devais plus jamais les
revoir. Je reste même à table
p l u s i e u r s m i n u t e s p o u r l e s
écou ter parler de formulaires à
remplir, de rapports à écrire et
de documents à relire. Norma -
lement, je fuis ce genre de dis-
cussion comme le diable fuit
l’eau bénite… Papa et maman
me regardent d’un air si étonné
que je file dans ma chambre
pour ne pas éveiller les soup -
çons. Ce sera déjà assez diffi -
cile pour eux de perdre leur

fille unique, inutile de les alar-
mer en leur annonçant d’avance
la nouvelle. À pré sent, je tourne
en rond dans ma chambre. Per -
due dans mes pen
sées, je sur-
saute quand des coups s o n t
frappés à ma porte. — Lili ! crie mon père. Il est
treize heures. Nous partons !
J’es saie de répondre, mais j’ai
la gorge trop serrée. Je marche à
pas lents vers la porte, je jette un
dernier regard à mon lit, aux
objets que j’aime. Voilà, je suis
prête. Comme Rose Latulipe il y
a deux cents ans, je m’en vais
danser avec le diable. Au village, la fête est déjà
commencée. Un orchestre joue
et, sur la place, des dizaines
de couples tourbillonnent. La
canicule semble toujours bien
déci dée à nous rendre la vie
impos
sible. Il fait chaud, telle -

ment chaud… Ma camisole et
ma jupe me collent à la peau.
J’ai du mal à respirer. En plus,
j’ai oublié de me mettre de la
crème solaire, moi qui brûle au
moindre petit rayon… Tant pis.
J’imagine qu’un coup de soleil
ou une insolation n’est rien
comparé à ce qui m’asttend.Mes parents et moi, nous
traversons la place, saluons des
voisins, nous arrêtons ici et là
pour discuter. Nous sommes
a r r i v é s d e p u i s u n p e u p l u s
d’une demi-heure quand, sou -
dain, une odeur que je com -
mence à reconnaître me fait
sursauter : l’odeur de monsieur
Rouleau. Celle du soufre, pro -
ba blement. Pour être honnête,
je ne sais absolument pas ce
que c’est, du soufre. Mais je
suis sûre que c’est ce que sent
m o n s i e u r R o u l e a u . J e m e

retourne lentement. J’avais rai-
son. Derrière moi, monsieur
Rou leau est en train de bavar -
der avec mes parents. Toujours
habillé des pieds à la tête. Il
m’adresse un sourire étincelant
et déclare de sa voix grave et
mielleuse :
— Tu m’as promis la pre -
mière danse, Julie, tu te rap -
pelles ?
Je regarde ses gants et son
cha peau en tremblant. Ses cornes
et ses griffes ne parais
sent pas
du tout grâce à son dégui
se-
ment. Je serre ma médaille de
saint Joseph, je fris sonne, j’ai
envie de pleurer. D’ap
pe
ler au
s e c o u r s . J e j e t t e u n r e g a r d
suppliant à mes pa rents, qui
ne comprennent rien à mon
hésitation. — Allons, Lili, ne sois pas
timide, se moque mon père

p e n
d a n t q u e m a m è r e m e
pousse vers la piste de danse. Me voilà seule, face à face
avec le diable… euh… avec
monsieur Rouleau. Il pose une
main dans mon dos. Je sur -
saute comme s’il m’avait brû -
lée. Je jette un coup d’œil plein
de détresse vers mes parents,
qui me regardent avec un petit
sourire tranquille. Une Julie
aban donnée !
Monsieur Rouleau s’empare
de ma main et nous nous met-
tons à valser. Peut-être que si
je lui marche sur les pieds, il
choi sira une autre cavalière ? Il
y a des tonnes de filles plus
coquettes que moi au village.
Mais peut-être qu’au contraire
il se fâchera et que sa colère
sera terrible ? Je réfléchis de
toutes mes forces pendant que
n o u s t o u r n o n s , t o u r n o n s e t

t o u r n o n s e n c o r e . S o u d a i n …
BANG ! nous heurtons un autre
couple. Tout le monde éclate
de rire, sauf moi. Car les dan -
seurs sont monsieur Chabot,
mon voisin d’en face, que je
soup çonne fortement d’être un
loup-garou, et Rosie, la biblio -
thé
caire, qui est probablement
une sorcière. Les voilà en train
de rigoler avec monsieur Rou -
leau. Je suis bien entourée… — Désolé, mes braves, lance
mon cavalier, mais cette jolie
j e u n e f i l l e m ’ a p r o m i s u n e
danse, alors je dois vous quitter. Ses bras m’enserrent plus fer -
mement encore et nous nous
remettons à tournoyer. Tourne
encore et encore. À chaque
nou veau tour, je vois le sourire
inquié
tant de monsieur Chabot,
le regard tranquille de mes pa -
rents, les joues rouges de Rosie.

Je suis tout étourdie. Je ne sens
plus que la main de mon sieur
Rouleau posée dans mon dos.
Des bribes de l’his toire de Rose
Latulipe tourbil
lon
nent dans ma
tête pendant que nous conti -
nuons notre ter
rible danse.
« Un bel étranger demande à
entrer. Il est très élégant, tout
h a b i l l é d e n o i r … L ’ é t r a n g e r
demande la permission de gar -
der ses gants et son chapeau… »
Un autre tour de piste. Mon-
sieur Rouleau salue au pas sage
quelques personnes du village.
Je voudrais lui dire d’arrêter de
tournoyer, que je ne me sens
pas bien, mais je n’arrive pas à
o u v r i r l a b o u c h e . U n e J u l i e
muette comme une csarpe !
« L’étranger invite immédiate-
ment Rose Latulipe à danser…
Ils se mettent à tourner, à tour-
ner encore. Rose ne peut plus

arrê
ter, comme si ses pieds bou -
geaient malgré elle. Elle se sent
ensorcelée… »
Combien de temps va durer
cette danse ? On dirait que l’or-
chestre ne s’arrêtera jamais. Je
lève la tête vers mon danseur et
je murmure :
— Je… je voudrais…
Il se contente de me lancer
son sourire charmeur et conti -
- nue à danser. La voix de Sté -
phane résonne toujours dans
ma tête : « Rose continue de
tour ner avec l’inconnu. Sou
dain,
u n e f o r t e o d e u r d e s o u f r e
s’élève dans la maison et l’étran -
ger éclate d’un rire diabo
lique.
Il se penche pour embras
ser
Rose Latulipe. Du feu jaillit de
ses lèvres. »
Pendant que nous dansons,
monsieur Rouleau et moi, je
remarque une fois de plus cette

odeur désagréable qui émane
de lui. J’aurais dû deman der à
mon oncle adoré ce que sent le
soufre. Trop tard : Stéphane ne
pouvait pas assister à la fête
aujour d’hui et, de tous ceux que
je connais, c’est le seul qui
aurait pu me sauver des griffes
du diable. La valse infernale se pour suit.
Soudain, une main se pose sur
l’épaule de monsieur Rouleau. — Tu permets, papa ?
Dominic ! Mon sauveur ! Il a
dit… il a bien dit… papa ? !
Alors, « Dominic R. Laporte »,
c’est pour Dominic Rouleau ?
Voilà pourquoi monsieur Rou -
l e a u é t a i t a u t e r r a i n c h a q u e
f ois. Pourquoi il connaissait
mon prénom. Mon cœur bat à
t o u t r o m p r e . M ê m e s i m e s
pieds se sont immobilisés, ma
tête tourne encore. Mon prince

charm… euh… Dominic serait
donc le fils du diable ? Mes
jambes deviennent tout à coup
molles… molles… molsles…
d f d
Quand j’ouvre les yeux, ma
mère m’observe d’un air in quiet.
Elle passe un linge mouillé sur
mon visage. À ses côtés, le phar -
macien, monsieur Fortin, dit
calmement :
— N e v o u s e n f a i t e s p a s .
C’est probablement la chaleur.
V o u s a v e z v u s o n c o u p d e
soleil ?
En une seconde, je revois
toute la scène : monsieur Rou -
l e a u , l a d a n s e d i a b o l i q u e ,
Dominic… Je bredouille :
— M o n s i e u r … m o n s i e u r
Rouleau ? Où est-il ?
Ma mère semble étonsnée.

— Eh bien, à la fête, Julie. Tu
étais en train de danser avec lui
et tu as perdu connais sance,
ma belle. Nous t’avons emme -
née au centre communautaire,
ton père et moi, avec l’aide de
mon sieur Fortin. Comment te
sens-tu ?
— Ça va. Est-ce que mon -
sieur Rouleau a enlevé son cha -
peau et ses gants quand je suis
tombée évanouie ?
Cette fois, ma mère paraît
carrément inquiète.s — T u e s s û r e q u e t u v a s
bien, Julie ?
Monsieur Fortin, le phar ma-
cien, répond de son habituel
ton tranquille :
— Monsieur Rouleau n’en -
lève jamais ses gants ni son
chapeau, Julie. Il a une mala die
de la peau qui s’appelle l’éry -
throdermie. Il est hypersensible

au soleil. Sa peau ne doit pas
être exposée, car elle brûle très
facilement.Alors monsieur Rouleau se
cache du soleil ? Il ne garde
pas ses gants et son chapeau
pour camou fler ses cornes et
s e s g r i f f e s ? À m o i n s q u e l e
phar
macien ne soit complice ?
J’insiste :
— Et la drôle d’odeur qu’il
dégage, alors ?
— Lili ! s’écrie mon père. Ce
n’est pas très poli… — C ’ e s t v r a i q u ’ i l s e n t u n
peu drôle, murmure le phar -
m a c i e n d ’ u n t o n c o m p l i c e .
Monsieur Rouleau croit beau -
c o u p a u p o u v o i r d e s h u i l e s
essen tielles pour soigner son
érythrodermie. Il ne m’a pas
dit laquelle il utilise, mais elle
sent très fort.

Je propose :
— De l’huile essentielle de
soufre, peut-être ?
Mes parents et le pharma cien
éclatent d’un grand rire, comme
s ’ i l s n ’ a v a i e n t j a m a i s r i e n
entendu d’aussi drôlse. — Impossible, répond mon -
sieur Fortin. Le soufre est un élé -
ment chimique. Il n’y a pas
d’huile de soufre. Tu sais, cette
petite odeur quand on craque
une allumette ? C’est l’odeur du
soufre. Tu imagines une huile
essen tielle qui sentirait l’allu -
mette ? !
Je ne trouve plus de ques -
tions à poser. Je suis abasour -
die : me serais-je trompée sur
toute la ligne ? Je me relève
lentement. Une douleur dans le
dos me fait grimacer. OUCH !
Ça brûle !

— Ça va chauffer quelques
jours, Lili, déclare mon père. Tu
as attrapé un coup de soleil
terrible pendant la sdanse. Ma mère ajoute :
— Tu aurais dû mettre de la
crème solaire, Julie. Tu as sou-
vent des coups de soleil, mais
je ne t’ai jamais vue être aussi
rouge. C’est dangeresux !
Elle enlève un foulard noué
sur ses cheveux, le déplie et le
pose sur mes épaules. — P a s q u e s t i o n q u e t u
retournes au soleil sans te cou -
vrir un peu. La prochaine fois… H e u r e u s e m e n t , D o m i n i c
arrive à ma rescousse, tel un
prince charmant venu sauver sa
princesse ! Il entre dans la salle
où nous nous trouvons et m’é -
vite de me faire disputer plus
longtemps par mes parents.

— Ça va mieux, Julie ? Tu
veux retourner à la fsête ?
Il me tend la mains.
Comment résister ? Il est si
beau… Diablement beau, en
fait ! Mais si son père était le
diable en personne ? Comment
le savoir ? Peut-être que mon -
s i e u r R o u l e a u n ’ e s t p a s l e
diable, que j’ai un gros coup
de soleil dans le dos, tout sim-
ple ment, et que dans quelques
j o u r s p l u s r i e n n e p a r a î t r a .
Mais… HORREUR ! Peut-être
aussi que je ne me suis pas
trompée et qu’il m’a brûlé la
p e a u e n d a n s a n t a v e c m o i .
Peut-être que je porte à tout
j a m a i s l a m a r q u e d u d i a b l e
dans mon dos…

Pas moyen de le savoir tout
de suite. Si le coup de soleil
disparaît peu à peu, je croirai
l e p h a r m a c i e n . S i n o n … u n e
Julie marquée à jamais par la
main du diable ! Comme je ne
serai pas fixée avant quelques
jours, autant profiter de l’invi ta-
tion de Dominic tout de suite !
Je prends la main qu’il me tend.
Si l’histoire de Stéphane est
vraie et que je garde la marque
du diable dans mon dos, plus
per sonne ne voudra de moi,
désor
mais… Ça m’ap
pren
dra à
être coquette. Dans deux cents
ans, quand les oncles voudront
faire peur à leurs nièces co -
quettes, ce n’est plus la légende
de Rose Latu lipe qu’ils racon
te-
ront. Ce sera celle de Julie et de
son danseur diabolique.

De la même auteureq
Jeunesse
Chapeau, Marie-P ! , éditions Foulire, Québec, 2008.
Au boulot, Marie-P ! , éditions Foulire, Québec, 2008.
Lorian Loubier, Vive les mariés ! , Dominique et compagnie, Montréal, 2008.
• Prix littéraire 2009q Ville de Québec/Sqalon International dqu livre de Québec, catégoriqe jeunesse.
Petit Thomas et monsieur Théo, roman vert lime, Dominique et
compagnie, Montréal, 2007.d
Mouk le monstre, Unt record monstre, série La Joyeuse madison hantée, éditions FouLire, Qudébec, 2007.
Lorian Loubier, déttective privé, roman bleu, Dominiqude et compagnie, Montréal, 2006.
• Prix littéraire 2007 Ville de Québec/Salon International du livre
de Québec, catégorie jqeunesse.
Mouk le monstre, À la conquête de Coralie, série La Joyeuse maison hantée,
éditions FouLire, Qudébec, 2006.
Une journée dans lta vie de Lorian Lotubier, roman bleu, Domi nique et
compagnie, Montréald, 2005.
Mouk le monstre, Let cœur en morceaux, tsérie La Joyeuse madison hantée, éditions FouLire, Qudébec, 2005.
Lorian Loubier, Aptpelez-moi docteur, troman bleu, Dominiqude et compa gnie, Montréal, 200d4.
Mouk le monstre, Ent pièces détachées, tsérie La Joyeuse madison hantée, éditions FouLire, Qudébec, 2004.
Les Orages d’Améliet-tout-court, roman rouge, Dominiqdue et compagnie, Montréal, 2004.
Lorian Loubier, gratnd justicier, roman bleu, Dominidque et compagnie, d Montréal, 2003.
Lorian Loubier, sutperhéros, roman bleu, Dominidque et compa gnie,
Montréal, 2002.
La Mémoire de mademoiselle Morgane , roman vert, Dominique et
compagnie, Montréal, 2d001.

MARTINE LATULIPPE
Depuis 1999, Martine Latulippe a
écrit pas moins de trente romans,
dont la populaire série Julie portant
s u r l e s l é g e n d e s q u é b é c o i s e s .
Récipiendaire des prix littéraires
Ville de Québec / Salon international
du livre de Québec 2007 et 2009, elle a aussi eu
deux de ses titres dans le Palmarès Communication-
Jeunesse et trois dans la sélection Hackmatack. Ces
recon naissances s’ajoutent à une feuille de route déjà
bien garnie, comme en témoignent ses nombreuses
nominations à différents prix et les invitations qu’elle
reçoit pour rencontrer ses lecteurs aux quatre coins
du pays.
© Anaïe Gouffé

Fiches d’exploitation pédagogique
Vous pouvez vous les procurer sur notre site Internet
à la section jeunesse / matériel pédagogique.
www.quebec-amerique.céom