Julie 1 - Julie et le visiteur de minuit

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De la même auteureq chez Québec Amérique
Un lourd silence, coll. Titan, 201d0.
À fleur de peau, coll. Titan, noudvelle édition, 2010d.
Les Secrets du manotir, coll. Titan, 2007.d
Le Grand Vertige, coll. Titan, 2004d.
série julie Julie et la messe dtu revenant, coll. Bilbo, 2009.d
Julie et le feu foltlet, coll. Bilbo, 2008d.
Julie et la Dame bltanche, coll. Bilbo, 2006d.
Julie et le Bonhommet Sept Heures, coll. Bilbo, 2005d.
Julie et la danse dtiabolique, coll. Bilbo, 2004d.
Julie et le serment tde la Corriveau, coll. Bilbo, 2003.d

Julie et le visite
ur
de minuit

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du
Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Latulippe, Martine(
Julie et le visite(ur de minuit
(Bilbo jeunesse
; 110)
ISBN 978-2-7644-0173-(6 (

Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-1548(-1 (PDF)
ISBN 978-2-7644-1919(-9 (EPUB)
I. Titre. II. Coll(ection.
PS8573.A781J84 200(2 jC843’.54 (C2002-940701-X
PS9573.A781J84 200(2
PZ23.L37Ju 2002
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Imprimé au Canada

martine latulippe
ILLUSTRATIONS  :   mAy ROUSSeAU
Julie et le visite
ur
de minuit

À Yanick,
qui croit à tous mles loups-garous !

Alerte
au loup-garou !
-1-

A
voir un loup-garou comme
voisin, ce n’est pas de tout
repos ! J’ai appris la vérité il y a
deux jours seulement. Cela fait
d e s a n n é e s q u e m o n s i e u r
Chabot habite en face de chez
nous, et je n’y ai vu que du
feu ! Mais grâce à Stéphane,
m o n o n c l e a d o r é , j ’ a i t o u t
compris… Il y a deux jours, Stéphane
est venu souper à la maison.
Mon oncle est ethnologue. Il
p a r c o u r t l e Q u é b e c à l a
r e c h e r c h e d e c o n t e s e t d e
légendes. Il visite tous les vil -
lages et note les différentes

versions de la même histoire
q u e l e s g e n s l u i r a c o n t e n t .
Ensuite, il écrit des livres avec
le résultat de ses recherches.
Alors, chaque fois que je le
vois, il a mille et une mer veil-
leuses histoires à me raconter !
Il a toujours du temps pour
moi, pour me parler, me faire
rêver. Pas comme mes parents,
a v e c q u i j ’ é c h a n g e p a r f o i s
seulement vingt mots dans une
journée ! Je les adore, mais je
voudrais bien qu’ils soient un
peu moins pressés… Stéphane
et moi, nous passons des heures
et des heures ensemble : lui à
raconter, moi à écouter. Grâce
à lui, je suis en train de devenir
u n e v é r i t a b l e e x p e r t e e n
légendes québécoises’ !
Avant-hier, donc, Stéphane
m’a expliqué que, quand quel-
qu’un ne fait pas ses Pâques

s e p t a n n é e s d e s u i t e , i l s e
transforme en loup-garou la
n u i t v e n u e … J e s u i s t r è s
curieuse, tout le monde le dit.
Une Julie fouineuse ! Je pose
sans arrêt des questions. Et là,
les questions se bousculaient.
Alors, j’ai demandé’ :
— Q u ’ e s t - c e q u e c ’ e s t , u n
loup-garou ?
— Le loup-garou, a expliqué
S t é p h a n e , e s t u n e p e r s o n n e
qui se métamorphose en loup
la nuit. Quand quelqu’un se
transforme ainsi, on dit qu’il
« c o u r t l e l o u p - g a r o u » . E t i l
paraît que celui qui court le
l o u p - g a r o u r e s s e m b l e à u n
gros chien féroce, tout poilu,
aux yeux rouges… E t S t é p h a n e a c o n t i n u é à
a j o u t e r d e s d é t a i l s ; i l s ’ e s t
m ê m e l e v é p o u r m i m e r l e
loup-garou bondissant sur une

petite bête… J’étais terrorisée.
M o n o n c l e e s t u n e x c e l l e n t
con teur. Peut-être même un
trop bon conteur. Frissonnante,
j’ai continué mes question’s :
— Q u ’ e s t - c e q u e ç a v e u t
dire, « ne pas faire ses Pâques »,
Stéphane ?
— Ne pas aller communier à
la messe de Pâques’. Mes yeux se sont agrandis
d’ef froi : si je n’ai jamais été
com
munier à Pâques, est-ce que
je risque de devenir un loup-
garou ? Stéphane a éclaté de
rire. — C’est des histoires d’il y a
bien longtemps, ma belle Julie.
Aujourd’hui, s’il fallait que tous
c e u x q u i n e f o n t p a s l e u r s
P â q u e s s e t r a n s f o r m e n t e n
loups-garous, le Québec serait
envahi !

Nous avons parlé longue-
ment, Stéphane et moi. Mon
o n c l e a d o r é e s t p a r t i t a r d .
Presque minuit. Comme il ne
reste jamais longtemps au vil -
lage, mes parents m’ont donné
la permission de rester debout
jusqu’à son départ. À minuit
m o i n s q u a r t p r é c i s é
m e n t , i l
nous a quittés. Je l’ai salué de la
fenêtre. Et c’est alors que j’ai
vu… que j’ai vu… monsieur
C h a b o t s o r t i r d e c h e z l u i !
Quinze minutes avant minuit !
Seul… À ce moment, j’ai tout
com pris. Qui a envie de sortir
de chez soi à cette ’heure ?
J e v e u x b i e n c r o i r e m o n
oncle quand il dit qu’aujour -
d’hui ce n’est plus aussi grave
d e n e p a s f a i r e s e s P â q u e s .
Q u ’ o n n e r i s q u e p l u s d e s e
trans former en loup-garou. Mais
m o n s i e u r C h a b o t , l u i , e s t

beaucoup plus vieux que moi.
Il n’a pas dû faire ses Pâques
quand il était jeune, à l’époque
où la règle des sept années
marchait encore. Le soir, mon
voisin sort de chez lui et s’en-
fonce dans une forêt obscure
pour traquer les bêtes jusqu’au
matin… Car les loups-garous
sont aussi agiles et féroces que
les vrais loups. La nuit, quand
tout le monde dort, ils vont
dans les bois et les champs
dévorer les petites bêtes… et
peut-être même les ’grandes !
Comme il n’y a pas de forêt
sombre derrière la maison de
monsieur Chabot, celui-ci doit
b i e n s e d é p l a c e r p o u r s a
chasse nocturne. Il ne risque
pas de trouver de petit gibier
dans les rues de notre village.
Il sort donc de chez lui dans
s o n é t a t n o r m a l , p r e n d s a

voiture et s’enfuit avant qu’on
puisse le voir se ’transformer.Attention ! Je ne suis pas du
g e n r e à m e f a i r e d e s i d é e s ,
m o i … J ’ a i a t t e n d u a v a n t d e
m’emballer. Le lendemain de
la visite de Stéphane, j’ai réglé
la sonnerie de mon réveil à
23 h 45. Je me suis couchée à
la même heure que d’habitude
p u i s , q u a n d m o n r é v e i l a
sonné, je me suis postée à la
fenêtre. Quelques minutes plus
tard, monsieur Chabot sortait
de chez lui… Il est monté dans
sa voiture et il est parti. Mes
doutes se confirmai’ent. Ce soir, je refais le test. Mon
réveil vient de sonner ; je suis
postée à la fenêtre. Tout est
sombre dehors. La lueur jau -
nâtre de quelques lampadaires
et celle de la lune éclairent les
arbres et les maisons, mais il

n’y a personne dans la rue. Pas
un chat. Les rideaux du salon
de la maison d’en face fré mis-
sent quand une ombre passe
tout près d’eux. Puis, la lumière
s’éteint. Je perds la silhouette
de vue. La porte de la maison
s’ouvre brusque ment : bon, le
voilà. Mon voisin a encore une
a p p a r e n c e h u m a i n e . P a s d e
griffes, ni de longue queue, ni
même de poil sur tout le corps.
Mais ça ne devrait pas tarder :
d è s q u ’ i l s e r a m i n u i t , i l s e
trans formera. D’ici quelques
minutes, je suis certaine que
ses yeux deviendront rouges et
s e m e t t r o n t à b r i l l e r d a n s
l’obscurité. Mais pour l’instant,
rien de rien. Sûrement parce
qu’il n’est pas enco’re minuit. À Pâques, il faudra que je
r a p p e l l e à m e s p a r e n t s d e
s e r e n d r e à l ’ é g l i s e p o u r

communier. S’il y a longtemps
qu’ils n’y sont allés, ils courent
un risque énorme, eux aussi. Ils
sont plus jeunes que mon sieur
C h a b o t , m a i s m i e u x v a u t
prendre toutes les précautions
possibles. Un seul loup-garou
dans ma rue, ça me’ suffit !

Rencontre
avec monsieur le loup
-2-

L
a voix de ma mère me tire
de mes rêveries.
— Viens, Julie, nous allons
faire l’épicerie !
Je cours la rejoindre. Tant pis
pour les leçons, ce sera pour
plus tard ! De toute façon, je
n’arrive pas à me concentrer.
Toute la journée, à l’école, j’ai
pensé à monsieur Chabot. J’es-
sayais d’évaluer les risques : si
le loup-garou n’a pas le temps
de se rendre dans une forêt un
soir pour chasser des bêtes,
peut-il attaquer ses’ voisins ?
Pendant qu’elle gare la voi -
ture, je demande à ma mère,

mine de rien, sur le ton de la
conversation :
— M a m a n , e s t - c e q u e l e s
loups-garous dévorent tous les
humains ou seulement ceux
qu’ils connaissent ?
Elle lève les yeux au ciel et
pousse un long soupir. Un très
long soupir. Puis elle finit par
dire :
— D è s c e s o i r , j ’ a p p e l l e
Steph et je lui ordonne d’arrê -
ter de te raconter des histoires.
Il semble parfois oublier que
tu n’as que neuf an’s. J e p r o t e s t e , é v i d e m m e n t ,
mais je ne suis pas vraiment
inquiète : je sais que Stéphane,
mon oncle adoré, ne me lais -
sera pas tomber. Et puis, il est
si content que je m’intéresse à
s o n m é t i e r q u ’ i l n ’ a r r ê t e r a
jamais de partager ses histoires
avec moi.

— T u n ’ a s p a s r é p o n d u ,
maman. — J u l i e , l e s l o u p s - g a r o u s
n ’ e x i s t e n t p a s . C ’ e s t u n e
légende, tu comprends ? Un
truc pour faire peur. Tu ne dois
pas croire tout ce que raconte
Stéphane. Ni tout ce que tu lis
dans les livres. M a m è r e s e t a i t . N o u s
entrons dans le supermarché.
M e s p a r e n t s m e r e p r o c h e n t
souvent d’avoir trop d’imagi na-
tion. Ils ont peut-être déjà eu
raison, mais cette fois je ne
suis pas convaincue du tout. Je
ne pense pas exagérer : si des
milliers de personnes croient
c e t t e h i s t o i r e , i l f a u t b i e n
qu’elle soit un peu vraie... Et
selon Stéphane, pendant des
centaines d’années, pratique -
m e n t t o u t l e m o n d e c r o y a i t
aux loups-garous au Québec.

E t m ê m e a i l l e u r s d a n s l e
monde ! Un peuple entier ne
peut pas croire à une créature
qui n’existe pas, tout de même !
J e n ’ o s e p a s t r o p i n s i s t e r
auprès de ma mère, pour ne
pas créer d’ennuis à mon oncle.
E t , s u r t o u t , p o u r q u ’ e l l e n e
m’empêche pas de le revoir et
d’écouter ses histoires. Nous
t o u r n o n s d a n s l ’ a l l é e d e s
céréales. Je me plonge dans la
c o n t e m p l a t i o n d e m e s d e u x
sortes préférées, déchirée par
l’obligation de choisir. Je dois
reporter mon importante déci -
s i o n , c a r u n e m a i n s e p o s e
soudain sur mon épaule et me
fait sursauter. Je me retourne :
monsieur Chabot est derrière
moi, un large sourire sur les
l è v r e s . U n s o u r i r e p a s t r è s
honnête, je trouve. Un sourire
mena çant, même. Et ses joues

sont couvertes de poils courts,
mais bien visibles. C’est peut-
être de la barbe, tout simple-
m e n t . . . m a i s p e u t - ê t r e a u s s i
que ses poils de loup-garou
n’ont pas tous disparu depuis
la nuit dernière. Ma mère le salue gaiement,
comme si de rien n’était. On
voit bien qu’elle ne sait pas à
qui elle a affaire. De mon côté,
je réussis à peine ’à balbutier :
— Bon… bonjour… mon…
m o n s i e u r l e … m o n s i e u r l e
loup… euh… le chat… euh...
mon sieur Chabot.
Maman me regarde avec de
grands yeux écarquillés. Mais
le voisin ne se démonte pas
pour autant. Il éclate d’un gros
rire et me pince une joue avec
vigueur en disant à’ ma mère :
— E l l e e s t v r a i m e n t a d o -
rable, cette enfant !

Il discute encore quelques
minutes avec ma mère puis,
juste avant de poursuivre son
chemin, il me pince l’autre joue
e t d é c l a r e a v e c b e a u c o u p
d’enthousiasme :
— Elle est si jolie, cette petite
Julie, qu’on la mangerait tout
rond !
Catastrophe ! Pas de doute,
je suis sa prochaine victime.
A f f o l é e , l e c œ u r b a t t a n t , j e
quitte l’allée des céréales sans
mettre aucune boîte dans le
panier : je n’ai plus faim. Plus
faim du tout.

La chasse
est ouverte
-3-

J
e s u i s à b o u t d e s o u f f l e .
C o m b i e n d e t e m p s v a i s - j e
tenir le coup encore ? Je cours
depuis longtemps. Très long -
temps. Devant moi, un mur.
Voilà, il n’y a plus d’issue, plus
de fuite possible. Mon heure a
sonné. Une Julie con dam
née !
Je me retourne : mon voisin m’a
rattrapée. Ses yeux sont rouges,
ses ongles sont deve nus des
griffes. Il pose sa main griffue
s u r m o n é p a u l e e t o u v r e l a
bouche. Alors… Alors mon réveil sonne juste
à temps ! Dans mon rêve – mon
cauchemar, plutôt – monsieur

Chabot était sur le point de me
dévorer toute crue. Sans sel ni
poivre, sans le moindre petit
a s s a i s o n n e m e n t . U n e J u l i e
e n g l o u
t i e t o u t e n t i è r e e n
quelques secondes. Encore un
peu confuse, je jette un œil sur
les chiffres lumineux du réveil :
il est 23 h 45. Sans faire de bruit, je sors du
lit. Le plancher est froid ; je
frissonne de tout mon corps et
mes orteils se crispent. À pas de
loup, mais surtout pas de loup-
g a r o u , j e m e d i r i g e v e r s l a
fenêtre. Je glisse ma tête sous le
rideau et j’aperçois… les phares
d e l a v o i t u r e d e m o n s i e u r
Chabot qui s’éloignent dans la
rue. Est-il parti plus tôt parce
qu’il était déjà trans formé ? Non,
j a m a i s a v a n t m i n u i t , a d i t
Stéphane. Était-il affamé ? Avait-
il un besoin urgent de chair
fraîche ?

S o u d a i n , l a p o r t e d e m a
chambre s’ouvre toute grande ;
je me retiens pour ne pas hur -
ler. Terrorisée, je reste collée à
la fenêtre, la tête toujours sous
l e r i d e a u , l e s m u s c l e s d e s
épaules noués. Et si le voisin
a v a i t d é c i d é d e r é a l i s e r s o n
plan et de me dévorer ? Si ce
n ’ é t a i t p a s s a v o i t u r e q u e
j’avais vue s’éloigner ? Je n’ose
pas regarder. — Ça va, Julie ? Tu ne dors
pas ?
OUF ! monsieur Chabot ne
me dégustera pas tout de suite !
Mes épaules se décrispent, mes
doigts quittent enfin le rebord
de la fenêtre, je me remets à
respirer normalement : ce n’est
que mon père… Mais com ment
lui expliquer ce que je fais à
m a f e n ê t r e à m i n u i t ? T o u t
comme ma mère, il ne croit

j a m a i s a u x h i s t o i r e s d e
Stéphane, mon oncle adoré.
Mes parents sont très gentils,
mais tellement occupés par leur
travail qu’ils n’ont plus le temps
d’écouter des histoires. Encore
moins d’y croire !
Mieux vaut jouer la comé die.
Alors, je feins d’être som
nam-
bule. Je frappe à un carreau de
la fenêtre en disant d’une voix
lente :
— Je n’arrive pas à ouvrir la
porte, papa. Et je dois aller à
l’école tout de suite’. Je continue de cogner contre
le pauvre carreau qui pourtant
ne m’a rien fait du tout. Mon
père éclate de rire et me prend
par les épaules pour me guider
jusqu’à mon lit. — Viens te coucher, Lili. Ce
n’est pas encore l’heure d’aller
à l’école.

Il me borde et m’embrasse
s u r l e f r o n t t o u t d o u c e m e n t
avant de quitter ma chambre.
U n e f o i s s e u l e , j ’ o u v r e l e s
yeux : les chiffres lumineux du
r é v e i l i n d i q u e n t m i n u i t . L a
chasse est ouverte. À l’heure
qu’il est, monsieur Chabot a
une longue queue et du poil
hirsute sur tout le corps. Ses
dents ont disparu, remplacées
par des crocs menaçants. Et
s o n s o u f f l e e s t b r û l a n t . À
l’heure qu’il est, mon voisin est
devenu un loup-gar’ou.

À la rescousse
du loup-garou !
-4-

A
u réveil, je me suis sentie
vaguement coupable. Au
fond, monsieur Chabot n’est
peut-être pas un si mauvais
homme. Le jour, c’est un voisin
comme les autres, et même un
voisin très souriant et sympa -
t h i q u e . S i j e s u i s l a s e u l e à
connaître son terrible secret, la
seule à savoir qu’il « court le
loup-garou », comme dit mon
oncle, c’est à moi de le libérer
du mauvais sort. Et au lieu de
l’aider, je le redo’ute. Ce matin, j’ai feuilleté les
livres de Stéphane que nous
avons à la maison, mais je n’ai

rien trouvé d’utile sur la façon de
d é l i v r e r u n l o u p - g a r o u . E t
comme mon oncle est reparti en
voyage hier, à la recherche de
nouvelles histoires, je ne peux
p a s l u i t é l é p h o n e r p o u r l u i
demander conseil. Je suis cer-
taine qu’il aurait su quoi faire.
Stéphane sait toujours tout en ce
qui concerne les légendes !
Après l’école, je me dirige
vers la bibliothèque munici pale.
S ’ i l e x i s t e u n t r u c p o u r
e m p ê c h e r l a m a l é d i c t i o n d e
s’accomplir à la nuit tombée, je
dois le trouver. Rosie, la biblio-
thé caire, me salue joyeuse ment.
Elle me connaît bien : j’adore
lire. Je passe des heures ici à
f o u i l l e r d a n s l e s l i v r e s , à
découvrir de nouvelles aven -
tures et à en inventer d’autres
dans ma tête. Une Julie rat de
bibliothèque !

Je m’installe devant l’ordina-
teur et je tape « Loup-garou »
dans la case Sujet de recherche.
Des dizaines et des dizaines de
références apparaissent aussitôt
à l’écran. J’en note plusieurs
sur un bout de papier, je vais
chercher les livres et je m’ins -
talle à une petite table retirée,
seule dans un coin’. Je feuillette attentivement les
livres de contes. « Les loups-
g a r o u s f o n t l a f ê t e a v e c l e s
feux fol lets la nuit… » Les feux
fol lets ? Qu’est-ce qu’un feu fol-
let ? Quelques pages plus loin,
la réponse m’apparaît : « Les
f e u x f o l l e t s s o n t d e p e t i t e s
flammes qui se déplacent dans
l e s a i r s . C e s f l a m m e s t e r r o -
r i s e n t l e s v o y a g e u r s i m p r u-

dents qui se pro mènent sur les
routes la nuit. Autrefois, on

disait que ces feux étaient les
âmes de personnes ’mortes. »
Hum, très intéressant. Les
loups-garous font la fête avec
les âmes des morts… C’est ras-
surant… Mais je ne suis pas ici
pour en apprendre plus sur la
vie sociale de mon voisin. Tant
que les feux follets ne viennent
pas voleter devant ma fenêtre
p a r c e q u ’ i l s c h e r c h e n t l e u r
copain loup-garou et qu’ils se
sont trompés d’adresse, mon -
sieur Chabot peut bien choisir
les amis qu’il veut’. Bon, continuons. « Les loups-
garous sont exactement comme
tous les humains le jour. Une
fois la nuit tombée, ils se trans-
f o r m e n t e t p r e n n e n t l ’ a p p a -
rence d’un gros chien velu aux
yeux flamboyants. Ils retrouvent
leur forme humaine au lever
du soleil. Souvent, celui qui

court le loup-garou est épuisé
au petit matin. » Ah ! ah ! Voilà
q u i c o n f i r m e t o u t . D e p u i s
q u e l q u e s j o u r s , m o n s i e u r
Chabot ne va plus à son tra -
vail. Avant, il quittait la maison
e n m ê m e t e m p s q u e m o i
chaque matin, vers 8 h, quand
je partais pour l’école. Mais
plus maintenant ! Il est épuisé
par ses nuits, sûrement. On le
s e r a i t à m o i n s ! P a s s e r d e s
heures à traquer les bêtes dans
la forêt, c’est exténuant, j’ima -
gine. J e c o n t i n u e à t o u r n e r l e s
pages… et je trouve enfin ce
que je cherchais ! Je note fébri le-
ment les renseignements sur
mon petit bout de papier. Pour
délivrer le loup-garou, il faut lui
soutirer du sang… Oh ! pas un
litre, non ! À peine quelques
gouttes suffisent. C’est la seule

méthode. Comment pourrais-je
faire saigner mon voisin quand
i l e s t t r a n s f o r m é e n l o u p -
garou ? Si au moins il ne se sau -
vait pas en voiture mais res tait
dans les parages, je pour
rais
facilement le blesser, avec mon
bâton de base-ball ou quelque
chose du genre. Mais comment
savoir où il va ?
A b s o r b é e d a n s t o u t e s c e s
réflexions, je continue de grif -
fonner quelques phrases sur le
p a p i e r … q u a n d u n e m a i n
p a s s e d e v a n t m e s y e u x e t
referme lentement le livre que
je suis en train de consulter. Je
pense d’abord qu’il s’agit de
Rosie ; elle vient souvent s’as -
seoir pour discuter avec moi
q u a n d i l n ’ y a p a s d ’ a u t r e s
abon nés dans la bibliothèque
du village. Mais cette main n’est
pas celle de la bibliothécaire.

C e n ’ e s t p a s u n e m a i n d e
femme. Elle est large, forte,
cou verte de petits poils gri -
sonnants. Mon cœur ’se serre. — Contes du Québec, loups-
g a r o u s e t a u t r e s c r é a t u r e s
étranges , lit monsieur Chabot
sur la couverture du livre. Tu
t ’ i n t é r e s s e s a u x l é g e n d e s ,
petite Julie ?
J e v o u d r a i s l u i r é p o n d r e ,
mais il y a dans ma gorge une
boule si grosse que je n’arrive
m ê m e p l u s à a v a l e r . J e m e
contente d’un timide signe de
t ê t e . M o n v o i s i n s e p e n c h e
v e r s m o i e t m u r m u r e d ’ u n e
voix grave :
— As-tu toi-même rencontré
des loups-garous ?
J’ai une envie folle de pleu -
rer. Je voudrais bien le rassu -
r e r , l u i d i r e q u e j e v e u x
seulement l’aider, que je ne le

dénoncerai à personne, mais
j’arrive tout juste ’à balbutier :
— Je… je ne… je ne dirai
r i e n , m o n s i e u r … m o n s i e u r
le… monsieur le loup… euh...
le chat… euh… Chabot !
Mon voisin éclate d’un gros
rire et lance :
— C’est bien, petite ! Mais
fais tout de même attention à
toi sur le coup de minuit : c’est
la pleine lune, ce soir… On ne
sait jamais ce qui ’peut arriver !
Il me quitte. Mais j’ai eu le
temps de remarquer que les
poils sur ses joues sont encore
p l u s l o n g s . À c a u s e d e l a
pleine lune, sûrement. Mon -
sieur Chabot a de plus en plus
de mal à cacher sa transfor -
mation. Si je ne fais rien, d’un
jour à l’autre il se métamor -
phosera en loup-garou même
e n p l e i n j o u r . C ’ e s t b i e n

p o s s i b l e , à v o i r l a v i t e s s e à
l a q u e l l e s e s p o i l s p o u s s e n t .
Quand Stéphane reviendra, il
faudra que je lui demande s’il
est certain que quelqu’un ne
peut absolument pas courir le
loup-garou le jour’.Pour l’instant, je n’ai plus
t e l l e m e n t e n v i e d e s a u v e r
m o n s i e u r C h a b o t . J ’ a i t r o p
peur… J’essaie d’être coura -
geuse, mais les paroles de mon
voisin tournent sans arrêt dans
ma tête: « Attention à toi… ce
soir… On ne sait jamais ce qui
peut arriver… Attention… ce
soir… » Ça y est : mon heure est
v e n u e . M o n s i e u r C h a b o t n e
pouvait pas me le dire plus
clairement : c’est ce soir qu’il va
m e d é v o r e r . U n e J u l i e a u
menu !

Pleine lune
et visite nocturne
-5-

C
e soir, j’ai réglé mon réveil
un peu plus tôt afin de me
préparer. J’ai bien l’intention de
me défendre ! À 23 h 15, la
sonnerie se fait entendre. Je
quitte mon lit à toute vitesse ; je
ne dormais pas, de toute façon.
Comment dormir quand on sait
q u ’ u n l o u p - g a r o u a t t e n d l e
premier coup de minuit pour
v o u s c h a n g e r n o n p a s e n
citrouille mais plutôt en plat
principal ?
Je jette un coup d’œil par la
fenêtre. La lune est bien ronde,
bien pleine. Selon la légende,
les loups-garous sont encore

plus féroces les nuits de pleine
lune. Je dois agir rapidement.
Je prends la chaise de mon
bureau de travail et je cours la
placer contre la porte, blo quant
a i n s i l a p o i g n é e . P e r
s o n n e
n’entrera dans ma chambre par
la porte cette nuit. Je m’empare ensuite d’une
b o î t e d e p u n a i s e s e t j e l e s
aligne soigneusement sur le
c a d r e d e l a f e n ê t r e , l e b o u t
piquant vers le haut, évidem -
ment. Personne n’entrera dans
m a c h a m b r e p a r l a f e n ê t r e
cette nuit. Puis je prends mon bâton
de base-ball d’une main trem -
blante. Papa me l’a acheté il y
a plus d’un mois, mais il n’a
p a s e n c o r e e u l e t e m p s d e
jouer au base-ball avec moi.
Au moins, le bâton servira. Si
l e l o u p - g a r o u e s t a s s e z f o r t

pour déjouer mes pièges, je
saurai me défendre. Un bon
coup sur la tête devrait le faire
saigner assez pour’ le délivrer. Je me glisse à petits pas vers
l a f e n ê t r e . D e h o r s , r i e n n e
b o u g e . À p e i n e q u e l q u e s
feuilles qui frémissent dans les
arbres, agitées tout doucement
par le vent. Dans la maison d’en
face, la lumière du salon est
a l l u m é e . L a s i l h o u e t t e d e
monsieur Chabot se découpe
en ombre chinoise sur le rideau.
Il traverse la pièce d’un bon
p a s , e t l a l u m i è r e s ’ é t e i n t
soudain. La porte s’ouvre. Il
sort, se dirige vers sa voiture,
mais s’arrête brusquement en
chemin. Il tourne la tête rapi -
dement et regarde… regarde…
regarde vers ici ! Il fixe bien
notre maison, je ne rêve pas !
M’aurait-il aperçue à la fenêtre ?

Le voisin se met soudain à
courir vers ma maison. Je ferme
l e s y e u x , g l a c é e d ’ e f f r o i . L a
pleine lune doit agir plus tôt
q u e p r é v u : i l n e p e u t p l u s
attendre jusqu’à minuit pour me
dévorer. Courage, Julie, il faut
ouvrir les yeux et affronter le
monstre ! Je prends une grande
inspiration, puis je desserre mes
p a u p i è r e s . J e v o i s m o n s i e u r
Chabot qui crie quelque chose
que je n’en tends pas avant de
c o u r i r v e r s l ’ a r r i è r e d e l a
maison. Il veut probablement entrer
par une autre fenêtre, moins
v i s i b l e q u e l a m i e n n e , q u i
donne sur la rue. Mes doigts se
crispent sur le bâton de base-
ball. À l’heure qu’il est, je n’ai
plus trop envie de le délivrer en
faisant couler son sang. J’ai -
merais mieux dormir et tout

oublier. Tenant toujours soli-
dement mon bâton de base-
ball, je me réfugie dans mon lit
e n t r e m b l a n t d e t o u s m e s
membres. Même les couver -
t u r e s l e s p l u s c h a u d e s d u
monde ne pourraient pas m’em -
p ê c h e r d e f r i s s o n n e r e n c e
moment. J’attends, le cœur battant à
t o u t r o m p r e . R i e n . Q u e l e
silence qui règne de nouveau
dans la nuit. Je tends l’oreille,
cherchant à distinguer le bruit
d’un carreau fracassé, d’une
main qui fait couiner le bois en
forçant une fenêtre, mais non.
Rien. Puis, le bruit d’un moteur
jaillit dans la nuit. Je cours vers
l a f e n ê t r e : l e s p h a r e s d e l a
v o i t u r e d e m o n v o i s i n s o n t
a l l u m é s . M o n s i e u r C h a b o t
quitte sa maison. Il a renoncé.
Il a dû se rendre compte que

j’étais bien préparée au combat
et décidée à sauver ’ma peau.Ouf ! Mes doigts se décris -
pent et lâchent le bâton, que je
dépose tout de même juste à
côté du lit : on ne sait jamais.
Mes épaules semblent soudain
peser une tonne de moins. Et je
me remets à respirer norma -
l e m e n t . P o u r c e t t e f o i s , l e
danger est passé ! Mais à quand
la prochaine pleine’ lune ?

L’ennemi est à nos portes
-6-

U
ne discussion animée me
tire du sommeil. Déjà le
matin ! J’ai si mal dormi que
j’en ai les yeux tout bouffis. Je
m ’ é t i r e e t m e l è v e d i f f i c i l e -
ment. J’enlève la chaise qui
bloque la porte et, les cheveux
e n b a t a i l l e , d e m a u v a i s e
humeur, je m’en vais à la cui -
sine, d’où viennent les voix.
Et… qu’est-ce que je vlois ? !
Mes parents sont tranquille -
ment assis à table en train de
b o i r e u n c a f é e n d i s c u t a n t
v i v e m e n t a v e c … m o n s i e u r
Chabot ! Après m’avoir suivie
d a n s l e s u p e r m a r c h é e t l a

bibliothèque municipale, voilà
que l’ennemi s’est infiltré jusque
dans ma maison ! Et les poils
c o n t i n u e n t d e p o u s s e r ,
d’envahir peu à peu ’ses joues. — Bonjour, Lili ! lance gaie -
ment mon père. — Bien dormi ? interroge gen-
timent ma mère. — Pas trop rêvé aux loups-
garous, j’espère ? raille mon -
sieur Chabot de sa v’oix grave. Tous trois éclatent de rire.
C a t a s t r o p h e ! J e c o m p r e n d s
tout, maintenant. Mais il est trop
tard… C’est une machina tion :
mes parents sont com
plices.
T o u t e s c e s s o i r é e s o ù i l s
prétendaient faire des heures
s u p p l é m e n t a i r e s a u b u r e a u
étaient des histoires : en réalité,
ils allaient probablement courir
le loup-garou, eux aussi. J’au rais

dû leur dire d’aller com munier,
de faire leurs Pâques… Avec
t o u t e s l e s é m o t i o n s d e l a
d e r n i è r e s e m a i n e , j ’ a i c o m -
plètement oublié. Tout est de
ma faute… — Monsieur Chabot nous a
r e n d u u n f a m e u x s e r v i c e ,
pour suit maman calmemen’t.
Qu’a-t-il fait ? Il leur a trouvé
de la chair fraîche à dévorer
par une belle nuit de pleine
lune ? C’est ce qu’il courait leur
dire hier soir, à minuit ? Ou
bien il leur a donné la recette
d’un traitement miracle pour
garder le poil de loup-garou
doux et lustré ?
S i m e s p a r e n t s s o n t c o m -
plices du voisin et qu’eux aussi
courent le loup-garou, est-ce
que je risque de me transfor -
m e r à m o n t o u r ? S u i s - j e l a
prochaine sur la liste ? Est-ce

q u e c ’ e s t g é n é t i q u e ? M e s
parents m’ont-ils transmis cette
terrible malédiction ? Oh non !
Pas une Julie qui se métamor -
phose en loup la nu’it venue !
— I m a g i n e - t o i d o n c , L i l i ,
e x p l i q u e m o n p è r e , q u e
quelqu’un a essayé de forcer
la porte du cabanon hier soir,
probablement pour voler les
vélos. Comme monsieur Chabot
a changé d’horaire depuis deux
semaines à l’usine, il travaille
maintenant de minuit à 8 h.
Quand il est sorti de chez lui,
un peu avant minuit, il a vu
quelqu’un devant le’ cabanon… — M o n s i e u r C h a b o t e s t
venu voir si c’était un de nous
et si tout allait bien, et l’intrus
s’est sauvé à la course en voyant
l e v o i s i n a r r i v e r , c o n c l u t
maman.

— On vous doit une fière
chandelle, ajoute pa’pa. P e n a u d e , j e r e s t e b o u c h e
bée. Monsieur Chabot travaille
de nuit ? Il ne se change pas en
l o u p - g a r o u q u a n d m i n u i t
sonne ?
— Tu ne dis rien, Julie ? Tu
e s e n c o r e e n d o r m i e ? T u e s
toute pâle, s’inquiète ma mère.
O n d i r a i t q u e t u a s v u u n
fantôme… Le voisin éclate de son gros
rire sonore :
— O n d i r a i t p l u t ô t q u e l a
petite Julie a vu… un loup-
garou !
J’arrive à peine à ’sourire.
— M a i s … v o u s n e v o u s
trans formez pas la nuit ? Et le
poil sur vos joues’, alors ?
P a p a e t m o n s i e u r C h a b o t
r i e n t b i e n f o r t e n r é p é t a n t :

« Se transformer la nuit ? Mais en
quoi ? » Maman, elle, fronce les
sourcils. — Julie, quand même ! Tu as
déjà vu de la barbe’, non ?
— Eh oui, j’ai décidé de me
laisser pousser une barbe. C’est
une petite coquetterie qu’un
v i e i l h o m m e p e u t b i e n s e
permettre, non ?
E t l e v o i s i n m e l a n c e u n
large sourire. Un sourire que je
t r o u v e t o u j o u r s a u s s i m e n a -
çant. Après tout, mes parents ont
probablement raison : peut-être
que je me laisse un peu trop
impressionner par les histoires
de Stéphane, mon oncle adoré.
Mais peut-être aussi que mon
voisin, monsieur Chabot, est
un excellent comédi’en…

De la même auteureq
Jeunesse
Chapeau, Marie-P ! , éditions Foulire, Québec, 2008.
Au boulot, Marie-P ! , éditions Foulire, Québec, 2008.
Lorian Loubier, Vive les mariés ! , Dominique et compagnie, Montréal, 2008.
• Prix littéraire 2009q Ville de Québec/Sqalon International dqu livre de Québec, catégoriqe jeunesse.
Petit Thomas et monsieur Théo, roman vert lime, Dominique et
compagnie, Montréal, 2007.d
Mouk le monstre, Unt record monstre, série La Joyeuse madison hantée, éditions FouLire, Qudébec, 2007.
Lorian Loubier, déttective privé, roman bleu, Dominiqude et compagnie, Montréal, 2006.
• Prix littéraire 2007 Ville de Québec/Salon International du livre
de Québec, catégorie jqeunesse.
Mouk le monstre, À la conquête de Coralie, série La Joyeuse maison hantée,
éditions FouLire, Qudébec, 2006.
Une journée dans lta vie de Lorian Lotubier, roman bleu, Domi nique et
compagnie, Montréald, 2005.
Mouk le monstre, Let cœur en morceaux, tsérie La Joyeuse madison hantée, éditions FouLire, Qudébec, 2005.
Lorian Loubier, Aptpelez-moi docteur, troman bleu, Dominiqude et compa gnie, Montréal, 200d4.
Mouk le monstre, Ent pièces détachées, tsérie La Joyeuse madison hantée, éditions FouLire, Qudébec, 2004.
Les Orages d’Améliet-tout-court, roman rouge, Dominiqdue et compagnie, Montréal, 2004.
Lorian Loubier, gratnd justicier, roman bleu, Dominidque et compagnie, d Montréal, 2003.
Lorian Loubier, sutperhéros, roman bleu, Dominidque et compa gnie,
Montréal, 2002.
La Mémoire de mademoiselle Morgane , roman vert, Dominique et
compagnie, Montréal, 2d001.

MARTINE LATULIPPE
Depuis 1999, Martine Latulippe a
écrit pas moins de trente romans,
dont la populaire série Julie portant
s u r l e s l é g e n d e s q u é b é c o i s e s .
Récipiendaire des prix littéraires
Ville de Québec / Salon international
du livre de Québec 2007 et 2009, elle a aussi eu
deux de ses titres dans le Palmarès Communication-
Jeunesse et trois dans la sélection Hackmatack. Ces
recon naissances s’ajoutent à une feuille de route déjà
bien garnie, comme en témoignent ses nombreuses
nominations à différents prix et les invitations qu’elle
reçoit pour rencontrer ses lecteurs aux quatre coins
du pays.
© Anaïe Gouffé

Fiches d’exploitation pédagogique
Vous pouvez vous les procurer sur notre site Internet
à la section jeunesse / matériel pédagogique.
www.quebec-amerique.com